Le phénomène brasserie artisanale

Brasserie artisanale

En regardant tout autour de chez vous, vous remarquez une chose : le nombre de brasseries artisanales ne fait qu’augmenter. Auparavant trusté par le règne sans partage des brasseries industrielles, le monde de la bière commence peu à peu à se diversifier, les petits acteurs émergent.

Cette tendance est actuellement planétaire, chaque pays voit son nombre de brasseries artisanales augmenter à grande vitesse. La volonté première derrière l’envie de créer des craft beers, était de proposer autre chose que des lagers à faible taux d’alcool qu’on regardait devant le Super Bowl et également un large choix de bières différentes.

En France, le nombre de brasseries était en chute libre dans les années 80. Maintenant, on compte plus de 1100 brasseries artisanales. Secteur très gardé des géants comme Heineken, Kronembourg, 1664, les amateurs préfèrent de plus en plus la qualité à la quantité. Des noms comme Brasserie du Mont Blanc, Pietra, Page24 ne vous sont pas forcément inconnus, leurs bières sont présentes dans la plupart des supermarchés, à côté des packs de pisse pils.

Pourquoi cet engouement ? Quel a été l’élément déclencheur qui a favorisé l’éclosion de ce phénomène craftbeer, ou bière artisanale ? Pack de bière vous emmène à la découverte de ce monde…

Brasserie artisanale : définition

Avant de s’aventurer sur ce terrain, nous allons poser d’abord nous poser la question : qu’est-ce qu’une brasserie artisanale ? La seule définition légale qui est pour le moment en vigueur, vient du Code des Impôts est que la brasserie artisanale produit moins de 200000 hectolitres par an.

Pour une définition un peu plus « classique », c’est une brasserie qui privilégie la qualité à la quantité. La recette de la bière est suivie scrupuleusement, en cherchant également à innover pour proposer des bières originales aux qualités excellentes. On souhaite avant tout se démarquer des brasseries industrielles qui utilisent des subterfuges sur la recette pour réduire les coûts et produire plus.

L’exemple des USA

Jack McAuliffeAu pays de l’Oncle Sam (ça vous tue d’originalité je sais), il existe la Brewers Association qui définit une brasserie artisanale en 3 points :

Une petite structure : la production annuelle ne dépasse pas 6 millions de barils ou moins. Elle est doit être indépendante : moins de 25 % de la structure doit être possédée par une entité qui n’appartient pas au domaine des brasseries artisanales. Et enfin, la majorité du volume total de production doit être composé de bières avec le respect de la recette classique de bière. Les boissons aromatisées au malt n’en font pas partie (On peut par exemple parler des Seagram’s Escapes, qui sont dans la même veine que la Smirnoff Ice).

L’indépendance, un sujet sensible

Comme indiqué au dessus, une brasserie artisanale doit être indépendante afin de garder son statut. C’est quelque chose que 4 monstres du marché n’ont pas l’air de déranger. Ces derniers mois, les brasseries qui se font racheter par d’autres devient monnaie courante. Les grands groupes comme AB InBev (Belgo-brésilien), Heineken (Pays-Bas), Carlsberg (Danemark), ou encore SAB Miller (Angleterre) piochent là où ça les chante histoire de faire fleurir le portefeuille de marques.

Bières Goose IslandOn peut y trouver du mauvais dans ce genre de stratégie. La perte de l’indépendance, donc du statut de brasserie artisanale, n’oblige pas les brasseurs à suivre à la lettre les préceptes qui les ont guidés vers leur aventure. Les groupes s’en tapent un peu royalement, en continuant à apposer le terme de craft beer sur les bouteilles, en dépit de la sacro-sainte règle de l’indépendance. Des brasseries comme Goose Island n’ont cependant pas eu de changement dans la qualité de leur bière, malgré leur rachat en 2010.

Quelqu’un a essayé de régler ça au tribunal, car MillerCoors – un groupe brassicole américain – vend une bière blanche belge (la Blue Moon) en y apposant le terme de craft beer sur l’étiquette. Cela n’a pas plu à Evan Parent, un californien qui a voulu empêcher ce sacrilège. Peine perdue. Le tribunal a rejeté les accusations de tromperie du consommateur, en dépit des règles dictées par la Brewers Associations. Les groupes peuvent continuer leurs petites magouilles en trompant le consommateur, puis en sabotant le marché en rachetant les brasseries artisanales.

La qualité au delà de la quantité

Le but premier des personnes qui se lancent dans le brassage artisanal est la recherche de la qualité. Lassés de boire de la bière industrielle, ils mettent tout leur cœur dans la création d’une ou plusieurs bières qui réveillent les sens. La renommée des bières artisanales fait que les consommateurs sont maintenant prêts à payer un peu plus, boire moins souvent, mais boire de la bonne bière.

Le phénomène prend de l’ampleur en France, comme par exemple en Bourgogne, avec la brasserie Belenium. Le chiffre d’affaire décolle, aidé par l’amour des consommateurs de bière. Un bar ne proposant que des bières locales a également vu le jour.

Et vous, êtes-vous un inconditionnel des craft beers ? Avez-vous abandonné les grandes marques au profit du brasseur local ou d’une marque artisanale connue ? Dites-nous tout dans les commentaires.

 

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