L’histoire de la bière

Avant qu’elle ne devienne une boisson incontournable de nos tables, soirées, pubs ou restaurants, la bière a traversé les époques. Elle n’est d’ailleurs pas toujours appelée bière. Quelles sont les premières traces de l’histoire de la bière ? Voici une chronologie qui relate les étapes de son histoire. Allons d’abord en Chine…

Ce n’était pas forcément de la bière, mais plutôt la première boisson alcoolisée trouvée jusqu’à présent. Vers 9000 avant JC en Chine, une boisson réalisée à base de riz, miel et fruits était concoctée pour des besoins thérapeutiques, elle avait également un rôle religieux et social.

Un brasseur artisanal (Dogfish Head) de l’état du Delaware aux États-Unis a même réussi à recréer la mixture en se basant sur la recette retrouvée par les archéologues. Le résultat : la Chateau Jiahu. Ce n’est pas la première fois qu’il produit des bières « anciennes », il a déjà reçu une commande auparavant de la part du même archéologue qui lui a fourni la recette de la « bière » chinoise. Sa première création était la « bière du Roi Midas« , suite à une demande de Patrick McGovern qui souhaitait recréer de la bière pour une reconstitution du banquet funéraire du roi.

La sikaru, ou « pain liquide »

Tablette mesopotamienneRevenons à l’histoire de la bière. Les historiens s’accordent sur le fait que l’ancêtre véritable de la bière moderne est la sikaru, une mixture fait à base de galettes d’épeautre trempées dans de l’eau avec de l’orge. L’ensemble était cuit, une mixture fermentée en résultait, on rajoute alors des épices pour agrémenter. Pour la boire, ils utilisaient de longues pailles. Original.

Le pays d’origine de cette boisson est la Mésopotamie, qui est maintenant en grande partie l’Irak. Les traces écrites remontent à 5000 avant JC, le tout sur des tablettes d’argile. On recense alors jusqu’à 16 sortes de bières. Ces messieurs-dames ne faisaient pas les hipsters en réclament de l’IPA ou rien.

Une autre trace remonte à 3900 avant JC, un poème à l’ode de Ninkasi, la déesse des brasseurs. Dans ce poème, on trouve également la plus vieille recette de bière retrouvée jusqu’à présent. L’utilisation d’orge donne une certaine importance à cette recette. On parle également de bière dans l’Épopée de Gilgamesh, un récit ancien de Mésopotamie. Enkidu, le compagnon de Gilgamesh, s’enfile 7 pichets de bière (rien que ça) dans un passage.

Direction l’Égypte

La bière (ou plutôt le vin d’orge, zythum ou zythos) était présente dans toutes les sphères de la société. Les esclaves recevaient entre 4 et 5 litres de bière par jour pour assurer la construction des pyramides. Le breuvage servait de rafraîchissement et de nutrition. Par contre, la mixture n’était pas la même pour les hautes classes : épicée au gingembre, sucrée au miel, également plus épaisse. Le terme zythologue vient de ce nom-là.

Il existait également des maisons de bière dans l’Égypte ancienne. Même si le nom porte à confusion, elles n’étaient pas vraiment des bars, mais plus des cabarets ou maisons closes. Le Pharaon comme l’ouvrier simple boit de la bière, en toutes circonstances : dans les fameuses maisons de bière, sur les bateaux, dans le palais du Pharaon.

La boisson des barbares

Du côté des greco-romains, on préfère beaucoup plus le vin à la bière. Pour eux, la bière est une boisson de barbares. Mais avec une certaine bande dessinée franco-française, on a surtout entendu parler d’une autre mixture : la cervoise. Pour les Celtes et Gaulois, la cerevisia, en hommage à Cérès la déesse des moissons, est la boisson par excellence. Elle restera une boisson très consommée en Europe pendant de nombreux siècles. De nos jours, elle peut référer à un cocktail à base de bière.

L’époque Médiévale

La culture du raisin a eu une énorme influence sur la consommation de bière pendant le Moyen-Âge. Quand il était difficile ou voir même impossible de le cultiver, la population de toute classe sociale buvait de la bière ! Dans les régions où le raisin était facile à cultiver, c’était les classes inférieures qui préféraient la bière.

Houblon Cascade

Aussi, autant tordre le cou à un mythe qui est très récurrent dans l’histoire de la bière… NON, on ne buvait pas plus de bière que d’eau. L’eau était moins chère, les villes et villages se sont construits à proximité des sources. Même si la bière était populaire, l’eau était tout de même consommée par les populations.

Vers le XIe siècle, quelqu’un a eu une idée pour mieux conserver la bière. Hildegarde de Bingen, une abbesse, découvre l’utilité du houblon. La bière est mieux conservée, elle est aseptisée et lui donne une certaine amertume… on assiste aux débuts de la bière telle qu’on la connait de nos jours. Les aficionados de l’IPA ont tous un poster de 16 pages à son effigie affiché dans leur chambre.

Le métier de brasseur

Auparavant, les moines étaient les premiers groupes de personnes à pouvoir brasser la bière. Charlemagne leur a accordé le privilège sur une bonne partie de son empire. Les moines sont également les inventeurs de la fermentation basse (pour la différence entre les trois fermentations, je vous invite à consulter l’article sur la fabrication de la bière). Pour l’arriver du premier brasseur hors monastère, il faudra attendre 1260 pour qu’un brasseur de métier apparaisse, en Alsace.

Les premières guildes de brasseurs se regroupent, on assiste au débuts des « corporations » de brasseurs. En 1258, Saint-Louis organise la première corporation de cervoisiers, Etienne Boileau réglemente le statut de cervoisier 10 ans plus tard. On assiste à l’essor de l’activité économique de la bière.

En 1516, le Reinheitsgebot décrit de manière formelle ce que la bière doit contenir en Allemagne, la loi a bien évident changé au cours des siècles, elle reste une des lois sur la réglementation des denrées alimentaires les plus vieilles au monde.

La révolution industrielle

L’invention de la machine à vapeur, du thermomètre ainsi que de l’hydromètre ont considérablement aidé les brasseurs a agrandir leur empire. Avant l’arrivée des techniques modernes, brasser de la bière demandait un peu d’ingéniosité, le brassage de la bière ne pouvait se faire que pendant certaines périodes de l’année. Le froid industriel n’a été inventé qu’en 1859 !

En 1857, un parfait inconnu du nom de Louis Pasteur décide de réaliser des travaux sur la bière. Dans la bière, il y avait des micro-organismes en quantité, qui altéraient le goût de la bière. En chauffant la binouse à 40°C, on tue ces petites bébêtes, la bière garde une qualité constante tout au long de la production.

Pasteur vient de révolutionner le monde de la bière avec ses recherches. La brasserie moderne pose ses bases, le nombre de brasseries explose, atteignant jusqu’à 1336 brasseries en 1890.

L’époque moderne

1847, un danois du nom de J.C. Jacobsen lance sa propre brasserie, la nomme en l’honneur de son fils Carl. En 1863, une entreprise néerlandaise se créée à Amsterdam, reconnaissable à son étoile rouge.

Pendant la Première Guerre Mondiale, beaucoup de brasseries françaises sont détruites. De 2827, on passe à… 919. Quel gâchis. La condition ne va pas s’améliorer, une autre guerre passe par là, réduisant le nombre à 116 en 1950. Les habitudes des consommateurs changent, la lutte contre l’alcoolisme fait que la consommation baisse. En 1973, il ne reste que 23 brasseries en France.

Pendant ce temps, aux États-Unis, la Prohibition met un énorme coup de pied dans le milieu du brassage. Les brasseries disparaissent, se convertissent aux soft drinks. Après l’annulation de la Prohibition, le peuple américain préfère les lager légères, conçues pour la production et la commercialisation de masse. Après cette période, Les brasseries artisanales se développent à vitesse exponentielle, les amateurs sont lassés des lagers. En 1979, elles sont 89, pour devenir 2360 en 2013, leur nombre ne fait qu’augmenter. Pour produire avant tout des IPA.

L’histoire de la bière est très vaste, elle s’étend sur plusieurs continents. Il serait très difficile de faire un article très exhaustif à ce sujet. Mais j’espère vous avoir assez informé sur le sujet !

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